Z-Ro a soufflé ses 18 bougies de carrière en juin dernier et et célébrera ses 40 ans dans moins de six mois maintenant. Souvent qualifié – et à juste titre – d’artiste « underrated » et peu exposé médiatiquement, le rappeur/chanteur/producteur venant de Houston bénéficie pourtant d’une énorme cote auprès de l’underground du sud (et de partout ailleurs) des États-Unis. Ses fans ne se laissent pas démonter lorsqu’on affirme que Nate Dogg est le meilleur rappeur/chanteur que le rap us n’est jamais connu. Pour eux, Joseph W. McVey mérite tout autant, voir davantage, ce titre.

Le débat reste ouvert, toujours est-il que Z-Ro nous propose avec DRANKIN’ & DRIVIN’ son 19e album. Une longévité et une régularité (un album ou mixtape ou EP, voir deux, par an et cela depuis plus de 15 ans) hors du commun qui lui octroie une place et un statut unique dans le hall of fame. Incroyable.

Évidemment avec autant de matière, il est difficile d’être innovant et original à chaque coup. Pourtant, The Mo City Don parvient de manière remarquable à sans cesse trouver de nouvelles nuances de couleurs dans ses œuvres dépeintes. Fasciné par la drogue sous toutes ses formes (cf. ses albums CRACK, COCAINE, HEROIN ou encore METH), Ro nous propose ici un projet d’ambiance lay-back, comme souvent, qui nous plonge dans un état second à écouter au volant de son bolide.

Z-Ro a fait un art de parler crument en faisant sonner cela telle de la poésie. Des mélodies apaisantes pour des textes pour le moins offensant. Que cela soit destiné à ses haters de toujours, qui n’ont jamais souhaité sa réussite, ou bien tout simplement la gente féminine en générale, tous en prennent pour leur grade. On peut notamment relever le premier extrait « Women Men » – qui reprend bien sûr la mélodie de « Many Men » de 50 Cent.

Ro aborde également des sujets plus concrets, en particulier sur « Baby Momma Blues » dans lequel il parle de l’amour qu’il porte à sa fille mais que la mère de celle-ci l’empêche de le voir et s’en sert comme pression pour obtenir de l’argent en contre-partie. On relève aussi que le seul featuring sur le projet est l’œuvre de Krayzie Bone, membre du groupe légendaire Bone-Thugs-N-Harmony que Z-Ro a déjà mentionné comme influence, avec l’émouvant « Since We Lost Y’all », pour leurs proches partis trop tôt.

DRANKIN’ & DRIVIN’ est un projet extrêmement cohérent de par sa durée (seulement 13 morceaux) et de par la qualité présente de façon ininterrompue. Ce 19e album du rappeur sudiste ne souffre d’aucun déchet et en fait donc une bande originale parfaite pour sillonner les routes en pleine nuit sans ne plus jamais vouloir s’arrêter. Boire ou conduire, Z-Ro nous permet de faire les deux à la fois, avec modération bien sûr.

4/5

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