Deux ans après avoir planché sur PRhyme avec son ami de longue date, DJ Premier, Royce revient (enfin) en solo cinq ans après le décevant SUCCESS IS CERTAIN. Royce fait parti de la catégorie des « spitterific emcee », le genre de rappeur qui met le feu au micro et abasourdit l’auditoire de par sa technicité et la profondeur de ses textes. Quelque chose qui avait fait largement plouf lors de son dernier essai en solo. LAYERS a pour objectif de se vouloir plus consistant et fourni, comme le suggère son titre. Il est venu le temps d’en faire l’analyse.

L’album commence tambour battant par le titre « Tabernacle » qui s’avère être le récit d’une journée charnière pour la vie (et carrière) du rappeur de Détroit. En effet, le 19 décembre 1997 Royce a connu la joie de voir son fils naitre, la douleur de perdre sa grand-mère et la bénédiction de rencontrer Eminem. Une histoire tellement surréaliste qu’elle semble fictive, pourtant le rappeur y dévoile bien un moment clé de sa vie. Avec le recule c’est même une excellente manière de débuter l’album étant donné que c’est exactement ce qu’il cherche à faire avec ce projet. Se dévoiler au public, car oui c’est un emcee hors norme mais il veut que ses fans sachent d’où il vient et comprennent sa vision des choses. Aussi bien personnelle par rapport à ses expériences qu’à son approche sociologique de son pays.

As soon as I get to the hospital they tell me that my granny didn’t make it
She just died, I’m feelin’ helpless, it hurt me
On the flip side, my little boy is healthy in the nursery
I picked him up, looked in his eyes for the first time and just cried

C’est ce qu’il fait tout au long de l’album avec le titre « America », entre autres, dans lequel il dresse une critique cinglante du système américain vis-à-vis des afro-américains. Il expose la théorie -déjà bien connue- que dès l’école, on fait comprendre aux noirs qu’ils n’ont que trois possibilités dans la vie : le basket, le rap ou la vente de drogue. Royce aborde également ce sujet sur l’excellent « Dope! ». Pour s’en sortir, il faut être son propre esclave, se donner des coups de fouet pour se surpasser et devenir son propre maitre. C’est la quête qu’il a lui-même menée, sans vraiment de difficulté avoue-t-il finalement sur « Hard ».

The spirit broken and so the wife and kids are born into only knowing the White Castle menu
While the richest born into white castles
Attending Bar Mitzvahs, the future of us n*ggas is in syringes
We meant for the NFL, injure the NBA

L’album vient également se reposer sur des chansons sur lesquelles Royce Da 5’9″ (d’après sa taille) fait une démonstration au micro (« Wait »). Quant au titre s’inspirant du nom de l’album (« Layers »), il apporte un angle encore différent à la vision des choses de Royce. Sur ce titre, le emcee de Détroit est rejoint par Pusha T et Rick Ross sur une production de Mr. Porter. Les trois rappeurs argumentent sur le manque de consistance de certains confrères tout en plaidoyant que le rap est général moqué par son manque d’épaisseur et profondeur.

Pour être synthétique, Royce nous propose un sixième album abouti et extrêmement carré. Mr. Porter n’est pas innocent à cela, en tant que producteur exécutif de LAYERS il offre une cohérence intéressante et une réalisation sans fausse note. Néanmoins, cela n’en fait pas pour autant une œuvre globale réussie. En effet, trop rares sont les morceaux mémorables et marquants ici. Certains trouvent leur place et ont un sens dans le projet mais ne sont clairement pas mémorables. Le fait que j’écrive cette chronique plus de deux mois et demi après la sortie de l’album ne trompe pas. J’attendais le déclic pour cet album que je voulais absolument aimer. Le fait est que je le trouve ni mauvais, ni excellent. Juste dans la moyenne. Très loin du niveau de DEATH IS CERTAIN ou même d’un STREET HOP. Je reste bien sûr très fan de l’artiste et j’attends ses prochaines sorties avec impatience (PRhyme 2 ou déjà un autre album pour cette année visiblement : BOOK OF RYAN).

2,75/5

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