Tout droit sorti de l’underground New Yorkais mais aujourd’hui résidant du sud (Atlanta, GA), Westside Gunn s’est bâti une petite notoriété depuis deux, trois ans avec sa série de projets HITLER WEARS HERMES (1, 2 et 3). Toujours fourré avec son acolyte au visage à moitié paralysé Conway, leur EP GRISELDA GHOST a également fait des remous dans les eaux troubles des bas-fonds du rap de la côte est l’an dernier. FLYGOD est le premier album studio de WSG, sorti sur son propre label Griselda Records le 11 mars dernier.

Au premier abord la voix du rappeur originaire de Buffalo peut déstabiliser de par son ton aiguë et juvénile, qui semble dénoter avec les sonorités froides et les textes sérieux (voir complètement gangsta-rap) de l’interprète. On comprend vite que ces deux éléments mixés ensemble cohabitent parfaitement pour donner lieu à une chose : l’originalité. L’ambiance générale est ce qui permet d’attirer l’auditeur dès la première écoute. Ces productions, parfois minimalistes mais souvent grandioses, rappellent sans équivoque un maître en la matière de l’underground de NYC : Roc Marciano. C’est d’ailleurs tout sauf une surprise de retrouver ce dernier à la production de « Hall » et au micro sur l’incroyable « Omar’s Coming » (les connaisseurs de The Wire apprécieront la référence à ce personnage mythique de la série). C’est également avec beaucoup de sens que l’on trouve un morceau « Free Chapo » sur l’album, célèbre mafieux à moustache qui va rapidement s’inscrire dans les références aux côtés de Scarface et Don Corleone (entre autres).

En terme d’invités, le gros Action Bronson vient échanger quelques bars avec le rappeur New Yorkais sur une magnifique production signée Alchemist (« Dudley Boyz »). Des chœurs de violons sans percussion, un vrai moment en apesanteur. En parlant de producteur, après avoir été convié sur GRANDEUR l’an dernier, Westside invite à son tour Apollo Brown pour « Mr. T ». On reconnaitrait un beat du producteur du Michigan parmi des milliers. Il en a va de même pour la contribution de Statik Selektah sur « 50 Inch Zenith » sur lequel Skyzoo nous gratifie d’une performance remarquable, comme souvent avec lui. Pour la grande majorité du reste de l’album, les productions sont assurées par Daringer et elles assurent vraiment, littéralement. Lancer « Chine Gun » pour vous en persuader, un régal. C’est exceptionnel.

Je ne connaissais pas Westside Gunn avant d’avoir lancé FLYGOD et je ne remercierai jamais assez les personnes m’ayant poussé à écouter ce projet et découvrir ce rappeur. C’est très nettement ma plus belle découverte musicale de 2016, à ce jour et cet album sera dans mon top de l’année, cela ne fait aucun doute. Du début à la fin le plaisir est présent et les déchets absolument absents. 18 morceaux et aucune longueur durant cette petite heure (58 minutes pour être précis) de justesse bluffante. Une réussite, tout simplement. Vivement la suite, venant de WSG et de Conway qui fait également forte impression (petit cadeau, ce dernier vient tout juste de sortir une mixtape : 50 ROUND DRUM). Pas de souci, avec de tels talents émergents, la côte est américaine a de très beaux jours devant elle.

4,75/5

Soutenez Westside Gunn en achetant FLYGOD.

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